Ou l'apprenti sorcier
Pris à son propre JE
Ce fameux soir, le président m'a
fait l'effet d'un coureur cycliste, la tête dans le guidon, les yeux rivés sur le bidon. Tout juste pouvait-il voir un poil plus loin que ses baskets de jogger.
Aucun horizon.
Aucune perspective.
Aucune ligne de fuite.
Aucun lendemain qui chante.
Rien !
Vide.
Un vide qui te refile le vertige ;
Un vertige à te paralyser l'équipage et les passagers,
Pris de nausées.
Un peuple,
c'est comme un verre de cristal.
Il faut rentrer en résonance avec lui pour qu'il chante. Aucun peuple, aucun verre de cristal n'est
jamais entré en résonance sous le toucher de formules comptables. Des formules égrainées mécaniquement, par un bigot du tout pognon, se prenant pour le grand sorcier d'un temple prêt à
s'écrouler. (Vite, une lotion capilaire pour le petit de monsieur.)
Aucune vision,
Pas la moindre visibilité.
Tu parles d'un chef d'état !
- Pragmatique ! (s'exclament les bouffons, venus faire la claque sur les plateaux télé, après l'allocution du petit père vénéré - pardon - véner.)
Un pragmatisme teinté d'une
idéologie putréfiée est un pragmatisme coupé du bon sens. Aussi n'est-il qu'un pragmatisme de façade, un vulgaire crépi. Un crépi qui s'effrite, qui tombe en lambeaux, laissant apparaître le
décorum d'un monde immonde, pas plus grand qu'une cellule de dégrisement qui sent le dégueuli des poivrots.
Voilà pour le projet,
la perspective, la vision...
Donc,
Le pire est à venir.
C'est une vérité de Lapalisse.
Il n'est que de regarder la
panoplie des chefs d'états en boutique, pour se faire une idée de ce qui nous pend au nez. Pour peu que l'on s'intéresse à leurs entourages et aux intérêts bien compris - c'est plié. (Qui se
ressemble s'assemble, dis-moi qui tu fréquentes...).
Décidément, ça sent le brûlé.
Pour autant, loin de moi le
pessimisme. Réaliste, je suis également optimiste, persuadé par exemple que cette crise est non seulement
un signe, mais aussi une chance. C'est l'occasion de raser le vieil édifice. En cela cette époque est formidable. Les charognards, les crevards, les faiseurs de morts, les bouffeurs de cadavres
perdent un à un leurs masques. Ils ont beau faire les fiers à bras, ils le savent bien, rien ne les protègera de la vague scélérate qu'ils se préparent. Quant à leur
descendance...
Basta !
Dehors bande de rats.
Il est temps de passer aux choses sérieuses.
Question de vie ou de mort.
Un grand rendez-vous attend l'humanité.
C'est pour demain,
Tout à l'heure...
Et ça va secouer.
À l'heure ou nous nous
asseyons à la table des grands éléments, la nature nous avertit qu'il est grand temps pour notre espèce de prendre ses responsabilités, et donc, de devenir Adulte au plus
vite.
C'est ça ou disparaître.
Ou nous nous dépassons,
Ou bien nous trépassons .
Les problèmes d'intendance suivront.
Le règne des malades mentaux
n’est pas une fatalité. Qu’il nous suffise de vouloir vivre libre – tout de suite – de le mettre en application à l’instant - et leur monde n’aura plus de prise sur nous. Il s’écroulera comme une
méduse sous le soleil étalée, sur le sable en plein midi. Agissons au grand jour, ils seront éblouis.
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