En France,
95 000 enfants maltraités.
2 millions d’enfants vivant sous le seuil de pauvreté.
Plus de 100 000 jeunes, de seize ans et moins, éjectés chaque année par l’éducation nationale, la tête désossée.
100 000 autres sur le carreau, sortant de l’université sans diplôme.
Le suicide ! Première cause de mortalité chez les jeunes après la route…
Est-il nécessaire de compléter ce catalogue, malheureusement non exhaustif, en reparlant de ces enfants brûlés vifs durant l’été 2005, de ces gosses asphyxiés, décimés dans des incendies de taudis. Drame suivi, après les lances à incendies, de la kärchérisation des survivants par le truchement d’expulsions ignobles. Vengeance grotesque, gratuite, décrétée par des individus de peu, qui n’ont jamais manqué de rien, sauf peut-être de cœur et d’esprit.
Où va-t-on ?
Je n’aspire qu’à la tranquillité. Mais comment pourrais-je m’empêcher de revenir ? Comment pourrais-je m’interdire de l’ouvrir lorsque je regarde ce chantier ?! Comment ?! Comment parvenir à la tranquillité tranquille lorsque mes yeux se posent sur ce monde en délire ? Sur ce cirque ! Ce monde, où des dirigeants en sont arrivés à vouloir ficher les enfants dés la maternelle. Et pourquoi ne pas leur tatouer un numéro sur le front pendant que nous y sommes ? Sans compter le langage qui ne laisse rien augurer de bon. D’abord sauvageon, puis racaille, lentement, mais surement, un glissement s’opère. Il finira par justifier que l’on prenne une arme pour descendre des jeunes gens à la peau noire ou basanée, ces graines de terroristes en germination. Et de racaille à terroriste, il n’y a plus à présent que l’épaisseur d’une feuille de joint.
Debout là-dedans !
Avant que ne surviennent
des évènements que nous regretterons tous !
Mais peut-être avons-nous déjà atteint le pire, c’est-à-dire, le point de non-retour. Et le point de non-retour, c’est le pire. Car une fois qu’il est franchi, c’est inéluctable - il arrive – le mal en pis rapplique. Et le pire n’est rien à côté du pire que l’on voit venir sans plus pouvoir n’y rien faire, à part frémir.
Halte au pire !
En sortir…
Le plus vite possible.
Il est temps de se réveiller. Il n’est plus temps de tergiverser, si de ce point de non-retour nous voulons nous éloigner. Il est temps de secouer les autistes qui nous dirigent. Il est passé le temps de se lamenter, le temps de se mordre les dents à en pleurer. Réveillons-nous avant de nous réveiller en plein mauvais réveillon. Avant d’être la dinde et les marrons, au festin du désespoir qu’ils nous trafiquent en catimini.
Pour preuve !
2005 : la banlieue s’embrase autour d’un bucher à haute tension kilowatheure. Deux adolescents crament comme des saucisses, sur la barbecue d’une République qui se fout de sa jeunesse, comme on se fout de son premier slip. Violences, émeutes, tâche d’huile sur le pays, comme une tache de naissance au milieu du drapeau - berné. Couvre-feu, mesures d’urgence, dans l’urgence, pas plus loin que le bout de leur nez. L’incurie de nos gouvernants occupés à dépouiller la France, comme des voyous, ne fait plus aucun doute. L’incurie de nos gouvernants est une constante, consternante, un phénomène de ce temps. Et de prendre un air grave, pour se donner une contenance qui ne trompe personne. Et de se donner cet air grave à l’œil vitreux, celui des coupables pris la main dans l’sac en niant l’évidence. Et la main dans l’sac en l’occurrence, c’est la mise à sac de la France. Ce qui est sans commune mesure avec les quelques dégradations d’une poignée d’insurgés, qui n’en peuvent plus d’être asphyxiés à petit feu dans des quartiers taudis. Ces insurgés, pas plus haut que trois pommes, pour qui sont déterrées de vieilles lois, qui, comme autant de couteaux rouillés, finiront bien par propager au corps tout entier ce tétanos qui ronge,ui ronge, qui ronge... q
Violences urbaines
contre brutalités hautaines
face aux médias étrangers
qui se gaussent
de ces gosses
capables à quelques uns
de faire trembler la France
sur son socle de papier.
Allons messieurs, un peu de bon sens, assez de poudre aux yeux. Sus à l’état d’esprit vicieux, vicié, visqueux, qui dégouline de vos idées creuses jusque sur nos lacets.
O
La stupidité !
O
Voilà le maître mot de ce temps et par extension des politiques absurdes menées par les uns et par les autres, au mépris de la population. Stupidité des politiques qui se succèdent aux commandes. Stupidité des hauts fonctionnaires enracinés comme du chiendent dans l’ombre des premiers. Stupidité de ces policiers racistes, qui ne cessent de mettre de l’huile sur le feu, sous l’œil désabusé de leurs collègues, condamnés au silence. Stupidité des médias évidemment, qui ne voient dans tout ça que des cadavres à se mettre sous la dent. Stupidité de la population à 73% contre les incendies de voitures, et à 0% pour ces millions d’enfants sous nos cieux égorgés dans leur têtes, sur l’autel de la consommation. Stupidité des jeunes par contamination, brûlant des gens et des écoles au lieu de s'en prendre aux banques et aux symboles de l’argent.
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Et pendant ce temps, le schmilblick avance sur sa lancée, jusqu’à ce qu’un jour tout se termine au fusil, au cours d’une mêlée générale qui ne laissera rien debout. Quant à ceux qui se croient à l’abri, derrière d’obscures privilèges, qu’ils se dépêchent d’en profiter, car il n’est que d’attendre encore un peu pour que la chasse soit ouverte. Et au train où vont les choses, ce ne sont plus quelques entreprises qu’il leur faudra pleurer, mais les trésors accumulés pour eux tout seuls, au détriment du plus grand nombre. Et dire que tout n’est qu’une question d’état d’esprit. Aucun problème n’est insoluble. Mais si l’esprit de travers applique la bonne mesure, tout ira de travers, dans la démesure, pour le plus grand bonheur des extrémistes.
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D’ailleurs, la force obscure reprend du poil de la bête.
Surtout,
ne pas l’évoquer,
ça porte malheur.
C’est ainsi que l’élite autoproclamée,
cette élite délitée,
alitée
- superstitieuses -
évite le sujet,
gagnée par la maladie des moutons :
la tremblante.
Il semble plus facile de courir en Bosnie et en Somalie, plutôt que de courir dans nos banlieues, à la rescousse des miséreux. Faudra-il attendre que des images de guerre civile, vues à la télé, sautent dans nos salons, nos cuisines, nos chambres à coucher ou nos jardins potagers, pour que nous réagissions ? Pour que l’on s’y intéresse vraiment et que l’on prenne enfin à bras le corps certains sujet brûlants ? En dehors de cela, carnage, boucherie générale. Tu exagères me diront certains. Qu’il n’est que de vous citer ces propos, parmi d’autres, recueillis tout dernièrement dans l’une de ces caves interdites, enfouies sous les pelletées de l’insouciance, de l’inconsistance et de l’incompétence de nos gouvernants.
- Tu sais, Alex, en ce moment il y a des grenades en vente sous le manteau, pour cent Euros. Des machins gros comme ça. Dis-toi que le jour où l’une d’elles sera lancée sur la police, pour une raison ou pour une autre, alors ce sera le signal.
Il y a quinze ans j’osais interpeller la classe politique pour avertir de ce qui risquait bien de survenir.
- Tu forces le trait, me disait-on.
Aujourd’hui, je vous le dis, les émeutes de 2005 ne sont rien à côté de ce qui vient si rien de sérieux n’est entrepris dés la prochaine mandature. Quant à la jeunesse en générale…
2006 : le torchon brûle ! Après le CIP voilà venu le temps du CPE, ressenti comme une nouvelle provocation anti-jeune. Pendant plusieurs semaines les manifestations se succèdent, jusqu’à ce que le gouvernement recule, après avoir mangé le chapeau de son mépris. Résultat, 84% des jeunes aujourd’hui se défient de la classe politique. C’est le résultat d’une étude publiée dernièrement par la Fondation de France :
« Les trois pouvoirs traditionnels que sont le politique, les entreprises et les médias, sont massivement mis à mal par les jeunes… Le sentiment d’un pouvoir politique qui n’apporte rien et qui est régi par son intérêt personnel est largement partagé… La légitimité des représentants de la démocratie représentative est largement remise en cause et discréditée… Ce qui est reproché au personnel politique c’est son manque d’intégrité, la mise en avant de ses intérêts personnels et son manque de connaissance de la vie quotidienne… »
Que disent-ils en substance ces jeunes ?
De classe du devoir, la classe politique est devenue zone de non droit, où la sagesse, la probité, le respect, la vertu, la gloire, la rectitude, le courage, le sens du devoir sont des valeurs ringardisées. Une zone où la vanité, le chacun pour soi, la veulerie, le mensonge, les coups bas, le vol, l’usurpation, la spoliation, l’absence d’honneur, de conscience, font force de loi.
Car au-delà des discours,
c’est ça !
Il y a des coups de kärcher qui se perdent !
Mais pas tellement là où on le croit.
Le temps n’est plus bien loin où l’humanité, sous la houlette de ces gens-là, sera semblable à ces corbeaux et ces mouettes, se battant sur nos décharges pour un sac plastique renfermant des capotes usagées, des couches-culottes et des serviettes hygiéniques.
À quoi bon tous nos gadgets
si c’est au prix de nous suicider avec ?
Réponse de nos dirigeants : le silence, d’un revers de manche.
C’est ainsi que nous nous acheminons gentiment vers un conflit de génération qui n’aura rien à voir avec celui de Mai 68. Dans une certaine mesure, nous vivons déjà les prémices de ce conflit, asymétrique. Et nous savons où cela conduit. Dans les villes et les campagnes montent la haine et le désir d’en découdre, même parmi la jeunesse réputée dorée. La haine et le dégoût, vous dis-je. Le plus rageant dans cette affaire, c’est de voir tout ce gâchis, alors même que nous pourrions éviter le pire - et cela reste possible - mais pour combien de temps encore ? Dans un monde de plus en plus dangereux, avons-nous vraiment besoin de créer artificiellement un front intérieur qui nous opposerait à nos propres enfants ? L’heure est grave mais non encore catastrophique. N’est-il pas temps de considérer - et de s’organiser autour de cette idée - qu’il existe une promesse dans chaque enfant qui naît, quelle que soit la catégorie sociale dont il est issu ? Il est du devoir d’une collectivité humaine, civilisée, adulte, qui se respecte, de faire briller ces promesses, ou du moins, de donner à sa jeunesse les moyens de les faire briller elle-même. Il n’y a aucune idéologie dans les mains du chirurgien qui opère à cœur ouvert. Or il s’agit ici d’opérer au cœur même de la société. Là où elle devrait placer tous ses espoirs. Ce n’est pas tant de moyens supplémentaires dont nous avons le plus besoin pour éviter la catastrophe, mais d’une volonté vraie, d’un nouvel état d’esprit, clairvoyant, plein de bon sens et de courage.
Nous avons surtout besoin d’un Président capable de nous proposer un grand but, sans rougir, un grand but qui nous hisse à une vision élargie du monde, une vision plus haute et plus profonde. Proposer un grand but c’est faire converger d’elles-mêmes toutes les forces disponibles en un point donné, afin d’obtenir un résultat important, déterminant, pour le plus grand bénéfice de tous.
Un but enthousiasmant !
Qui confère à l’effort commun toute sa signification.
Si par chance les urnes nous donnaient pour Président de la République une femme ou un homme doué(e) de cet état d’esprit, capable de s’entourer de personnes reconnues pour leur excellence, leur probité, leur capacité à se dépasser, et donc, à dépasser les clivages anciens et les querelles politiciennes sans fin, alors tout deviendrait possible. Et dans le champ des nouveaux possibles, un plan ambitieux pour la jeunesse pourrait être alors envisagé, où les moyens mis en œuvre ne seraient plus considérés comme des dépenses à perte, mais comme un investissement, un pari sur l’avenir.
Bernard-Alex
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